Publication de Daniel Martineau - Sciences

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Publication de Daniel Martineau - Sciences

Une publication scientifique circule sur la transmission d’un virus à partir de crevettes d’aquaculture (oui, en Chine) aux humains, chez qui le virus cause un glaucome (lésion à l’œil). On y dit que c’est le premier virus marin à franchir la barrière d’espèce.

C’est faux. On sait depuis des décennies que le calicivirus des otaries (SMSV) peut infecter les humains. L’histoire de ce virus est intéressante: il a infecté des porcs en Californie pendant la récession économique des années 20 parce que, faute de moyens, des éleveurs de porcs avaient nourri leurs porcs avec des carcasses d’otaries.

Chez le porc, le virus a causé une nouvelle maladie , l’exanthème vésiculeux, qui a été confondue avec la fièvre aphteuse. Cette confusion, qui a persisté au début du XXieme siècle, a ruiné l’élevage du porc en Californie. Cette confusion a persisté jusqu’à l’invention du microscope électronique dans les années 50, qui a permis de distinguer le virus de l’exanthème vésiculeux de celui causant la fièvre aphteuse.

Accessoirement (?), il s’agit encore d’une conséquence de l’activité humaine: en général, les virus d’espèces animales différentes ont peu de chances de causer une maladie chez une autre espèce. Mais si on leur donne des milliers d’occasions, comme on le fait en Chine (avec le SRAS, la COVID et maintenant ce virus de crevette), un variant génétique du virus sera sélectionné pour s’implanter chez le nouvel hôte… qui peut être un travailleur dans l’aquaculture chinoise ou le client d’un marché chinois où on trouve plein d’animaux sauvages et… vivants, dont des chauve-souris, entassés dans des cages les uns sur les autres

In Vitro Isolation and Characterization of a Calicivirus Causing a Vesicular Disease of the Hands and Feet <

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Clinical Infectious Diseases, Volume 26, Issue 2, February 1998, Pages 434–439, https://doi.org/10.1086/516311

Published:01 February 1998

 

Abstract

We report that a calicivirus of oceanic origin, San Miguel sea lion virus serotype 5 (SMSV-5), is a human pathogen. This biotype was isolated originally from blisters on the flippers of northern fur seals (Callorhinus ursinus) and replicates readily in primate and human cell lines. It infects a phylogenetically diverse array of hosts (poikilotherms to primates) and induces type-specific neutralizing antibodies in exposed humans. Group antibody against a pooled antigen of SMSV-5 and two other serotypes was also observed in 18% of 300 blood donors from a population in the northwestern United States. The human calicivirus isolate designated SMSV-5 Homosapien-1 (SMSV-5 Hom-1) was recovered from a laboratory worker with systemic illness, including vesicular lesions on all four extremities. We believe this newly described human disease represents a paradigmatic shift in calicivirus disease recognition.

 

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